Il ne pouvait pas ne pas se prononcer sur les expulsions massives des ex-Zaïrois du Congo-Brazzaville. Lui, c’est bien le maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Nbgendu Waza Banga, né Joseph-Désiré.
A partir de sa tombe à Rabat au Maroc, il dénonce la démarche du président Denis Sassou Nguesso et y décèle de mauvaises intentions à travers des actes qui n’ont jamais eu lieu, même pendant ses trente-deux ans de pouvoir, entre les populations de deux capitales les plus rapprochées au monde. Une attitude qui tend à instaurer, une bonne fois pour toutes, un climat de méfiance entre les deux pays, à savoir la République démocratique du Congo et la République du Congo.
Maréchal, quelle est votre réaction à chaud au sujet des expulsions massives des Rd-Congolais du Congo-Brazzaville ?
Laissez-moi vous dire, d’entrée de jeu, mon grand étonnement et ma déception. Expulser sous des prétextes fallacieux plus de 80.000 personnes, c’est inhumain. Si c’était le Rwanda ou l’Ouganda qui l’avait fait, on pouvait comprendre, même difficilement. Mais, que ce soit le Congo-Brazzaville, cela dépasse tout entendement. Car, l’Angola, malgré des raisons avancées à l’époque, n’a jamais atteint ces proportions inquiétantes. Pourtant, des liens historiques solides lient les peuples du Congo-Kinshasa à ceux du Congo-Brazzaville au point qu’un musicien avait chanté que les deux pays ne faisaient qu’un et que le fleuve commun n’est qu’une route séparant les deux côtés. Voilà que le régime de Sassou Nguesso lance un démenti cinglant à cette chanson !
Laissez-moi vous dire, d’entrée de jeu, mon grand étonnement et ma déception. Expulser sous des prétextes fallacieux plus de 80.000 personnes, c’est inhumain. Si c’était le Rwanda ou l’Ouganda qui l’avait fait, on pouvait comprendre, même difficilement. Mais, que ce soit le Congo-Brazzaville, cela dépasse tout entendement. Car, l’Angola, malgré des raisons avancées à l’époque, n’a jamais atteint ces proportions inquiétantes. Pourtant, des liens historiques solides lient les peuples du Congo-Kinshasa à ceux du Congo-Brazzaville au point qu’un musicien avait chanté que les deux pays ne faisaient qu’un et que le fleuve commun n’est qu’une route séparant les deux côtés. Voilà que le régime de Sassou Nguesso lance un démenti cinglant à cette chanson !
Selon vous, qu’est-ce qui pourrait justifier la démarche du président Denis Sassou Nguesso ?
A proprement parler, rien ne peut justifier le refoulement de plus de 80.000 personnes. Les brigands, voleurs, prostituées et autres ex-Zaïrois qui se seraient mal comportés, cela ne pouvait pas se chiffrer à des milliers et des milliers de personnes. Surtout lorsque même les ex-Zaïrois, qui se sont réellement intégrés dans la vie du Congo-Brazzaville au point de passer pour des modèles, ont fait les frais de la haine des Congolais de Brazzaville. A mon sens, la démarche de Sassou Nguesso cache des mauvaises intentions. On ne peut expliquer les expulsions ni par la lutte au sein du pré-carré de Sassou Nguesso, ni par le combat pour le leadership en Afrique centrale. A mon avis, il s’agit d’une intention de nuire au Congo-Kinshasa tout simplement, et en tout cas, rien d’autre.
A proprement parler, rien ne peut justifier le refoulement de plus de 80.000 personnes. Les brigands, voleurs, prostituées et autres ex-Zaïrois qui se seraient mal comportés, cela ne pouvait pas se chiffrer à des milliers et des milliers de personnes. Surtout lorsque même les ex-Zaïrois, qui se sont réellement intégrés dans la vie du Congo-Brazzaville au point de passer pour des modèles, ont fait les frais de la haine des Congolais de Brazzaville. A mon sens, la démarche de Sassou Nguesso cache des mauvaises intentions. On ne peut expliquer les expulsions ni par la lutte au sein du pré-carré de Sassou Nguesso, ni par le combat pour le leadership en Afrique centrale. A mon avis, il s’agit d’une intention de nuire au Congo-Kinshasa tout simplement, et en tout cas, rien d’autre.
Qu’auriez-vous fait si vous étiez à la place de Joseph Kabila ?
Je ne voudrais pas lui dicter la démarche à suivre aujourd’hui parce que, comme on dit généralement, autres temps, autres mœurs. J’étais à la tête du Zaïre à une époque particulière et dans un contexte particulier. Ce n’est donc pas le même tableau. Mais, si cela s’était produit sous mon règne, croyez-moi, je n’aurais pas laissé passer une telle catastrophe sans imaginer une réaction à même de dissuader le Congo-Brazzaville et son président de rééditer leur exploit dans le futur. Car, de deux choses, l’une : ou Sassou Nguesso danse une musique qu’il n’a pas composée, où il étale sa haine envers le Congo-Kinshasa. Il se serait limité à expulser des gens bien ciblés, à savoir brigands, voleurs, prostituées … cela se comprendrait tant soi peu. Mais, plus de 80.000 personnes parmi lesquelles les enfants, cela dépasse tout entendement et c’est une grande première en Afrique.
Je ne voudrais pas lui dicter la démarche à suivre aujourd’hui parce que, comme on dit généralement, autres temps, autres mœurs. J’étais à la tête du Zaïre à une époque particulière et dans un contexte particulier. Ce n’est donc pas le même tableau. Mais, si cela s’était produit sous mon règne, croyez-moi, je n’aurais pas laissé passer une telle catastrophe sans imaginer une réaction à même de dissuader le Congo-Brazzaville et son président de rééditer leur exploit dans le futur. Car, de deux choses, l’une : ou Sassou Nguesso danse une musique qu’il n’a pas composée, où il étale sa haine envers le Congo-Kinshasa. Il se serait limité à expulser des gens bien ciblés, à savoir brigands, voleurs, prostituées … cela se comprendrait tant soi peu. Mais, plus de 80.000 personnes parmi lesquelles les enfants, cela dépasse tout entendement et c’est une grande première en Afrique.
Qu’auriez-vous fait exactement si vous étiez à la place de Joseph Kabila, même si vous ne pouvez pas lui dicter la démarche à suivre ?
La première action pour moi aurait consisté à fermer les frontières jusqu’à ce que je reçoive des excuses officielles.
Qu’avons-nous à perdre encore lorsque la plupart de nos compatriotes ont déjà regagné Kinshasa ?Il faut donc une action d’éclat. S’il est vrai que plusieurs de nos compatriotes vivent des échanges commerciaux entre les deux pays, il est aussi vrai qu’ils sont handicapés avec la démarche de Brazzaville. Ils ne vont donc pas, pendant quelques temps, compter sur ce commerce pour nourrir leurs familles. Décréter la fermeture des frontières peut constituer la première action sans commencer par la réciprocité, c’est-à-dire l’expulsion de ceux qui viennent de Brazzaville. Quitte à voir, par la suite, ce qu’il faudra faire ou quelle attitude adoptée désormais face au Congo-Brazzaville pour se faire respecter. De toute manière, la fermeture des frontières n’aura aucune conséquence très grave pour les Rd-Congolais. Et cette mesure doit s’étendre jusqu’à l’Equateur et au Bas-Congo. Car, l’effet recherché, c’est d’éviter que chaque pays voisin chasse des Rd-Congolais juste pour justifier sa mauvaise humeur.
On l’a déjà vu avec l’Angola, maintenant avec le Congo-Brazzaville et on peut utilement se demander à qui le prochain tour ? Vous aviez évoqué des liens historiques solides entre les deux peuples, peut-on savoir lesquels ?
Le peuple manianga, c’est-à-dire le peuple mukongo du territoire de Luozi, dans le Bas-Congo, c’est le même peuple appelé mulari au Congo-Brazzaville. D’ailleurs, pour preuve, entre Luozi et le Congo-Brazzaville, c’est une frontière naturelle qui sépare, en réalité, les deux pays. Au Nord, vous trouvez des Bangala en RDC et les Mboshi en RC qui sont un seul et même peuple. Il faut ajouter à cela les échanges commerciaux qui existent entre les deux pays depuis des lustres et bien d’autres éléments comme sur le plan musical où les Brazzavillois se sont abreuvés à la source rd-congolaise. Ce n’est pas par hasard que bon nombre des responsables du Congo-Brazzaville, à commencer par le président Denis Sassou Nguesso et ses proches, ont épousé des ex-Zaïroises qui les rendent heureux jusqu’à preuve du contraire. La liste n’est pas exhaustive.
Quel sens accordez-vous, vous qui aviez côtoyé Sassou Nguesso et qui le connaissiez donc bien, à l’opération dénommée « Mbata ya bakolo » ?
Cela cache mal une lutte de leadership en Afrique centrale. « Mukolo » en lingala veut dire « Aîné » en français. Sassou Nguesso voudrait-il traduire par là qu’il est plus âgé et plus expérimenté au pouvoir que Joseph Kabila ? Cela sonne mal d’ailleurs. Pourquoi, alors que j’étais plus âgé et plus expérimenté que Denis Sassou Nguesso à l’époque, n’avais-je pas initié une telle action ? Pourtant, j’en avais largement les moyens et le Congo-Brazzaville était loin d’intimider le Zaïre. Mais, je ne pouvais pas le faire à cause des liens historiques entre les deux peuples que j’ai évoqués plus haut. C’était donc une question d’humanisme, de bon sens et de la politique de bon voisinage. Quand Sassou se permet de faire ce qu’il a fait, il faut désormais apprendre à se méfier de lui et à le tenir à l’œil. C’est-à-dire qu’il ne semble pas porter le régime en place en RDC dans son cœur. Il faut, dès ce moment, se préparer à lui larguer, tôt ou tard, une sorte de « pili-pili ya muke esuaka pe » (un peu de piment fait mal à la gorge). C’est le seul discours qu’il comprend et qu’il entend par ailleurs.
Quelles leçons peut-on tirer de ces expulsions massives sur le plan sécuritaire ?
La plus grande leçon, c’est que l’attitude de Denis Sassou Nguesso cache l’intention de nuire. On voudrait distraire le pouvoir comme cela avait été le cas avec les refugiés rwandais à l’époque. Il faut donc bien identifier tous ceux qui rentrent du Congo-Brazzaville et les surveiller pendant un bon bout de temps pour s’assurer qu’on n’a pas pigé le Congo-Kinshasa. Car, apparemment, on est en face d’une tentative de déstabilisation du régime. Je connais bien Sassou Nguesso ! Il est souvent sournois et ce n’est pas par hasard qu’il a accepté d’expulser, à travers ses hommes, plus de 80.000 personnes, sans se soucier de la réaction de la communauté internationale. Il faut même voir au-delà de Denis Sassou Nguesso ce qui se tramerait, en réalité, derrière les expulsions massives des Rd-Congolais.
http://congo-ma-gazine.blogspot.com/2014/05/marechal-mobutu-la-demarche-de-sassou.html









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